Glycidol : un risque caché de cancer dans les aliments frits

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Les aliments frits, un aliment de base dans de nombreux régimes alimentaires, peuvent présenter un risque pour la santé jusqu’alors sous-estimé : le glycidol, un composé qui endommage directement l’ADN et augmente potentiellement le risque de cancer. Alors que l’industrie alimentaire s’est longtemps concentrée sur le raffinage des huiles végétales pour les rendre attrayantes pour le consommateur, des découvertes récentes révèlent que ce processus peut créer des sous-produits toxiques comme le glycidol et le 3-MCPD. La différence est cruciale : le 3-MCPD est considéré comme un cancérogène n’endommageant pas l’ADN avec un niveau d’absorption sûr défini, tandis que le glycidol est un cancérogène génotoxique, ce qui signifie que même une exposition minime pourrait contribuer au développement du cancer.

La science derrière le risque

Le problème posé par le glycidol vient de sa capacité à modifier directement l’ADN, en contournant les hypothèses de sécurité typiques basées sur des seuils appliquées à d’autres cancérogènes. Contrairement aux substances qui pourraient nécessiter des doses élevées pour causer des dommages, le glycidol fonctionne selon un « mécanisme sans seuil » : tout niveau d’exposition comporte un risque potentiel, car même une seule mutation de l’ADN peut déclencher une croissance cancéreuse. Cela le place dans une catégorie unique où « aucun niveau de consommation sûr » ne peut être garanti.

Les normes de sécurité actuelles visent des niveaux « aussi bas que raisonnablement réalisables » (ALARA), mais la recherche suggère que même une exposition minimale au glycidol – aussi peu qu’un microgramme par jour pour un individu de 150 livres – peut dépasser le risque de cancer acceptable. Il est alarmant de constater que l’exposition moyenne aux huiles raffinées contenues dans les aliments transformés peut facilement dépasser 50 microgrammes, les enfants étant confrontés à une consommation potentiellement 200 fois plus élevée par rapport aux limites de sécurité.

Implications sur la santé humaine

Des études épidémiologiques établissent un lien entre la consommation fréquente d’aliments frits et un risque accru de maladies chroniques. Une vaste étude portant sur plus de 100 000 femmes a montré qu’une consommation fréquente d’aliments frits, en particulier de poulet et de poisson frits, était corrélée à un risque plus élevé de mortalité globale, largement due aux maladies cardiovasculaires. Cependant, une analyse distincte menée auprès des hommes a révélé un risque 35 % plus élevé de cancer de la prostate chez ceux qui consomment beaucoup d’aliments frits. Cela suggère que même si les effets cardiovasculaires dominent la mortalité globale, le lien entre les aliments frits et certains cancers est suffisamment important pour justifier la prudence.

Risques pour les nourrissons

Le problème s’étend aux préparations pour nourrissons, qui reposent souvent sur des huiles végétales raffinées. L’Institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques a constaté que les nourrissons nourris exclusivement au lait maternisé peuvent ingérer des niveaux nocifs de glycidol. Les préparations américaines présentent des niveaux de contamination comparables, ce qui soulève des inquiétudes quant aux implications à long terme sur la santé des enfants qui ne sont pas allaités.

Défis et solutions de l’industrie

L’industrie alimentaire n’a pas encore développé de procédé de raffinage permettant d’éliminer le glycidol sans compromettre la qualité du produit. Même si les solutions simples restent insaisissables, l’approche la plus directe est l’évitement. Réduire ou éliminer les aliments frits et les produits hautement transformés à base d’huiles raffinées est le moyen le plus efficace de minimiser l’exposition.

En fin de compte, les preuves suggèrent que même si les aliments frits peuvent être savoureux, leurs conséquences à long terme sur la santé – en particulier la présence de composés endommageant l’ADN comme le glycidol – ne doivent pas être ignorées.

Limiter la consommation d’aliments frits, en particulier chez les hommes présentant un risque plus élevé de cancer de la prostate, et donner la priorité à l’allaitement des nourrissons restent les stratégies les plus judicieuses pour atténuer ces risques.