Le sémaglutide, développé à l’origine pour gérer l’obésité et le diabète, est désormais un traitement approuvé par la FDA pour la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH) – une maladie hépatique grave. Il s’agit d’une avancée significative, car seul un autre médicament, le resmetirom, détient actuellement l’approbation de la FDA pour MASH.
Le lien entre la graisse et la santé du foie
MASH se développe lorsque l’excès de graisse s’accumule dans le foie, entraînant une inflammation et des cicatrices potentielles. Le sémaglutide ne cible pas directement le foie ; au lieu de cela, il agit en réduisant la graisse corporelle globale et en améliorant la fonction métabolique. Cet effet indirect réduit la graisse du foie, réduit l’inflammation et aide à prévenir les dommages irréversibles. Comme l’explique le Dr A. Sidney Barritt IV de la faculté de médecine de l’UNC, le médicament s’attaque aux facteurs de risque sous-jacents qui ont un impact sur la santé du foie.
Comment fonctionne le sémaglutide
L’efficacité du médicament dépend de la perte de poids. Le sémaglutide supprime l’appétit et ralentit la digestion, facilitant ainsi la perte de poids. Même une perte de poids modeste (3 à 5 % du poids corporel) peut réduire considérablement la graisse hépatique, tandis qu’une perte de 7 % peut réduire l’inflammation. Les essais cliniques montrent que les patients prenant 2,4 mg de sémaglutide par semaine perdent jusqu’à 10 % de leur poids corporel sur 72 semaines.
Mais la perte de poids n’est pas le seul avantage. Le sémaglutide améliore également la santé métabolique en régulant la glycémie, la tension artérielle et les taux de cholestérol – tous des facteurs liés au MASH. Le médicament augmente la production et la sensibilité de l’insuline, réduisant ainsi la glycémie et améliorant le contrôle. Ceci est particulièrement crucial puisque 35 % des personnes atteintes de diabète de type 2 souffrent également de MASH, et que de nombreux patients MASH sont déjà prédiabétiques.
La relation cyclique entre la glycémie et les lésions hépatiques
L’hyperglycémie accélère les dommages au foie en déclenchant une résistance à l’insuline et une inflammation chronique, qui entraînent l’accumulation de graisse. Ce cercle vicieux aggrave les cicatrices hépatiques (fibrose) et aggrave la résistance à l’insuline. Le sémaglutide brise ce cycle en améliorant la fonction métabolique.
Approbations de la FDA et variations des médicaments
La FDA a approuvé Wegovy (semaglutide) spécifiquement pour MASH. D’autres formulations de sémaglutide, Ozempic et Rybelsus, sont approuvées pour le diabète de type 2 mais pas encore pour le MASH directement, bien qu’elles puissent aider à gérer les conditions métaboliques associées. L’hypertension artérielle et les taux de cholestérol exacerbent le MASH, et le sémaglutide a également démontré des améliorations dans ces domaines.
Perspectives à long terme
La recherche suggère que le sémaglutide peut résoudre le MASH chez près des deux tiers des patients. Cependant, l’arrêt du traitement peut entraîner le retour de la maladie. L’essentiel à retenir est que le sémaglutide offre une voie indirecte significative pour traiter le MASH en améliorant la fonction métabolique et en réduisant l’accumulation de graisse dans le foie.
L’efficacité à long terme du médicament dépend de son utilisation continue, ce qui renforce la nécessité de changements durables dans le mode de vie parallèlement à une intervention médicale.
